À propos du métro

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J’ai fait ces illustrations avec un crayon de bois muni d’une mine multicolore lors de la préparation d’un livre documentaire pour les jeunes sur le métro de Montréal.

À propos du métro a été publié aux éditions Hurtubise HMH en 1993.

Ces dessins, imprimés en noir et blanc dans le livre, retrouvent ici leurs couleurs originales.

Dessiner dans le métro
J’ai mis longtemps avant de me décider à dessiner dans le métro. Timidité? Crainte d’être accusée de voyeurisme? Je m’y adonne pourtant depuis fort longtemps, sans aucune gêne et avec beaucoup de plaisir, en tant que simple passagère. Peut-être avais-je tout simplement peur d’attirer l’attention, peur qu’on regarde par-dessus mon épaule, qu’on juge la qualité de mon travail. Un jour, pourtant, j’y suis allée et je suis revenue… sans dessins.

Je suis tombée sur une vieille Chinoise accompagnée de deux petites filles âgées d’environ trois et cinq ans. Elles se sont tout de suite rendu compte que je les dessinais. La vieille dame m’a demandé, via son interprète, la petite de cinq ans, de leur donner le dessin que j’avais fait de la cadette. Puis elle m’a demandé de dessiner l’aînée. Puis les deux petites ensemble. Puis elle-même avec les deux enfants. Elles m’arrachaient littéralement les dessins des mains en riant de si bon cœur que j’aurais été incapable de les leur refuser. Je les soupçonne même d’avoir rater leur station puisqu’elles ont, comme moi, rebroussé chemin au terminus de la ligne.

À partir du moment où j’ai eu l’idée d’illustrer mon livre sur le métro, il m’a fallu développer une méthode pour passer inaperçue. Je fixais mon modèle d’un air absent, comme si j’étais complètement perdue dans mes pensées et je dessinais en évitant de regarder mon cahier de croquis. Les voyageurs, absorbés dans leurs réflexions ou leur lecture, engourdis par la fatigue ou la vibration du moteur, ne faisaient aucun cas de moi. De retour à la maison, j’épurais mon cahier pour ne conserver que les dessins les mieux réussis. Leur nombre variait d’un jour à l’autre, car on ne sait jamais, quand on s’attaque à un nouveau modèle, s’il ne quittera pas la voiture à la station suivante ou s’il ne disparaîtra pas derrière un nouveau venu avant que le dessin ne soit complété. Les personnages présentés ici n’ont donc pas tous partagé le même wagon. Ils ont été réunis virtuellement sur cette page. 

À vous de leur inventer une histoire…

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